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Voyage au Japon 2025

Trois semaines à se perdre, à s'électriser, à s'incliner à la moindre rencontre, au plus petit merci, à devoir être prêt au risque de s'égarer dans notre illettrisme et nos oreilles infirmes, à redoubler d'attention, de gestes explicites et mesurés, à s'étourdir les papilles de saveurs nouvelles, le regard affuté de couleurs éclatantes et de motifs subtils et tranquilles. 
Confort et exigence d'un monde calibré. 
Étonnement et ouverture de rencontres éphémères et cependant profondes.
Le matin, la marche fraîche dans les rues qui se peuplent doucement d'une foule déterminée. Le métro qui bourdonne et qui siffle ses rengaines électroniques. Les saluts multiples jusqu'au vestiaire de Hombu Dojo avec un soupçon de crainte, avec une impatience curieuse. Les Sensei se suivent sans se ressembler. Un partenaire aux poignes solides, des waza que l'on reconnaît mais que l'on balbutie à peine, le rythme de la pratique rapide, énergique, les tatamis sévères mais que l'on finit par adoucir et qui nous rendent leur générosité tonique. Les chutes s'entremêlent magiquement au rythme de quelques "Sumi Massen". On remercie sincèrement, simplement, à notre place. La chaleur cordiale viendra après, en levant des verres, en riant de nos conversations bancales, en échangeant sur nos petites réussites et nos grosses maladresses.
Le choc du départ de Sasaki Sensei va secouer nos dernières heures Tokyoïtes et Shingu va venir poser un baume de recueillement sur cette surprise, cette tristesse, cette étrange coïncidence. Les prières et la peau du Taiko du Dojo, le seuil des temples, les arbres magnifiques et les roches énormes, le bruissement des cascades et la frappe des paumes imprègneront ainsi nos saluts et nos hommages d'une présence, de dons intimes et d'appels à l'aide.
Le voyage a brisé pour un temps nos habitudes, endurci nos corps, ouvert nos poitrines et nos hanches, aiguisé nos esprits et calmé nos cœurs. Puissions nous conserver un peu de cela, entretenir cette fluidité et cette flamme.
Merci Mathieu, Pablo et Mireille d'avoir été des compagnons joyeux, motivants, agaçants, attentionnés et efficaces.
Merci Bernard (et Marette) pour ces portes que vous nous ouvrez.
Jean Marc.

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Nous avons été accueillis par le dynamisme joyeux des tokyoïtes et des pratiquants du Hombu Dojo. Curieux de nous et avenants.

Nous avons été accueillis dans la bienveillance rugueuse de Shingu dont nous avons vite découvert la sincérité par la qualité des attentions qui nous étaient offertes. Quelle émotion que de découvrir le Dojo du Vieux Maître ! D’y découvrir des pratiquants dévoués qui continuent à honorer sa mémoire et celle du fondateur.

Nous avons été accueillis par les professeurs. Chacun à sa façon mettant tout en œuvre pour transmettre, sans jugement sur nos tentatives maladroites. Nous avons travaillé avec de nombreux pratiquants, malaxant nos corps. Des techniques vues… il ne restera sûrement pas grand-chose. Mais des hanches, de la posture et de l’engagement sans arrière-pensée, j’espère ramener un petit quelque chose.

Nous étions ensemble. Et nous avons cherché à tout capter autour de nous… Je reste marqué par la puissance de la nature du Wakayama, toujours reconnue et honorée par la présence d’un temple invitant au recueillement. Nature et Sacré… Nature sacrée.

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Nous pensions aller au Japon à la rencontre de Sasaki Senseï. Il en a été décidé autrement. C’est dans le Dojo où il a pratiqué toute sa vie que nous avons appris son départ que nous avons pu lui rendre hommage. Présent au Japon dans ce moment, nous nous sommes connectés à lui, à Bernard, un lien, un pont, un nœud. Merci pour vos enseignements. Malgré nos incompréhensions et nos maladresses, et avec le soutien de Bernard, nous nous efforcerons de les faire vivre.

Mathieu

Invisible
L'air qui parcourt un temple
La sève qui relie ces montagnes au ciel ouvert
L’eau immobile dans le brisant
Invisible
La connexion que nous cherchons
La gratitude avant, pendant et après que les corps travaillent ensemble
La volonté qui force, qui pousse, qui se trompe
La conscience studieuse qui apprend
La tendresse qui enseigne, qui partage, qui offre, qui accueille
Le cercle, la croix que l’on voit, oh quelle joie, seulement dans cet instant fugitif où déjà nous sommes à terre
Le chemin de la respiration
Le fil des maîtres et des élèves
Invisible
Le professeur absent
L’attente, l’attention, l’inquiétude
La mort est invisible
Et la présence de l’âme
La mémoire
La prière
La prière ensemble
Invisibles
Les Autres à qui raconter toutes ces choses
Invisible Ikumusubi
 
pablo