Silence

Silence

Les bruits annoncés de mon entourage pèsent.
Alors j’écoute les arbres, j’écoute un arbre et sa présence semble grandir. Il invite tout naturellement mon silence.
Il me semble que la forêt  ouvre cette suspension, cette nature quand on s’y promène ou même quand on l’évoque.
Discrétion dans la chair écoutant les verts  qui ondulent et les écorces plissées en épidermes ...
Mes efforts, mes souhaits de silence disparaissent devant cette plénitude qui m’assaillit et  que les arbres font jaillir en moi.
A l’Evidence, c’est si facile. Je n’avais rien voulu, rien souhaité.
Il est vrai que les arbres ont multiple langage, le silence est l’un d’eux. N’est il pas aussi le langage du divin.
Il y a bien un arbre, une pierre, une montagne, un coin de ciel, un rayon de soleil, un nuage, une averse ou même une bonne pluie drue. Avec ces éléments la connexion n’est pas si difficile. On la fait et refait sans trop en décrire les sensations, juste découvrir le silence qui peu à peu devient plus profond et plus profond comme un sans fin.
De ce moment vécu je peux aussi aller me coller à une personne, un ami, un groupe, un maître. Le silence qui en découle fait éclater juste  la chaleur, peut être  la lumière remplissant le partage.
Je me garde de tout autre sensation, restant perché, planté, ancré, sur ce pont chaud et clair.

Bernard