Session d’été 2018 au Moulinal

A nouveau naufragés volontaires sur l'îlot du Moulinal,
protégés par des instants encore trop éphémères d'océans de désirs inadéquats,
redoublant d'efforts pour dissoudre des obstacles cachés dans la jungle séduisante de nos plaisirs faciles,
construisant des cercles fragiles de lumière et de reconnaissance dans les buissons labyrinthiques de nos esprits ignorants,
ouvrant difficilement ventres et poitrines en refuges de chair et d'amour,
assis et glissant,
inspirant et savourant,
balançant entre gravité et élévation,
entre rires et profondeurs,
entre douceur et sévérité,
en quête ardue d'autres nous-même.

Merci à toutes et tous les insulaires.
Merci aux autochtones experts en nourritures terrestres.
Merci à notre maitre explorateur toujours aussi étonnant !
A très bientôt sur notre radeau de tatamis !

Jean-Marc

Moulinal, oui le terme d’ilot lui convient bien.
Avez vous remarqué la mer de ronces entourant les lieux.
Quelques fruits savoureux s’y accrochaient. Puis au-delà de
ces plages piquantes les mornes vagues des plantations
arrêtées.
Quelques photos du reflet de nos pérégrinations montrent
de belles images de l’option que nous avons prise, celles du
placement de nos appuis soutenant ventre et poitrine.
Mission accomplie.
Les instants de pause furent oubliés de l’objectif et du
zoom. Nous n’aurons que le souvenir des éclats de rire
collectifs. Nous oublierons ce trop de moquerie qui eut
tendance à rendre exclusif ce partage abusif.
Ce fut ainsi, souhaitant que la part du keiko fasse son
œuvre. La plaisanterie moqueuse dans ses répétitions
porte toujours malignité, masquant des désarrois
gigantesques.
Nous retiendrons les élans de sueur de nos ventres
remplis, des vents frais des poitrines ouvertes et nous
baignerons encore dans ces instants des rires sans raison.

Bernard

Un après-midi à Puylaurens, j'ai aperçu une buse ou un milan, les
ailes bien droites, tournoyer au-dessus des haies, et sans un
battement d'ailes, s'élever très rapidement. Le corps en croix... La
poitrine ouverte... Les cercles... Jouer avec la gravité...
Des mots que nous avons entendus un peu plus loin sur le tatami, et
expérimentés tous ensemble avec cœur.
Pour certains, nous étions sur une île...
Pour d'autres, une bulle d'air...
Des moments remplis de joies, un espace-temps à part…
Merci la vie, Merci Bernard

Stéphane

Toujours un petit pincement dans la poitrine en début d'aventure. Une discrète touche d'inquiétude sans vraiment de raisons apparentes . Mais... les derniers entraînements sont lointains, maintenir son attention sur les tatamis n'est pas une mince affaire, et en dehors des tatamis, rester connectés. Mais quelle joie de se plonger dans la pratique, de se noyer toute une semaine, guidés par la générosité intransigeante de notre professeur. Chaque instant se nourrit de la pratique du moment. La gentillesse de mes compagnons de route, la générosité conviviale de nos hôtes et cuisiniers. Tout un concert du cœur. Une immense et profonde gratitude pour ces moments d'exception qui vont nous pousser encore et encore sur le chemin.

Frédéric

Merci à vous tous pour ces beaux moments...
Tout est histoire de cœur...
Ces quelques jours me confirment ce que je savais déjà
Pas toujours facile d'ouvrir son cœur à son propre cœur et encore moins d'oser visiter celui d'à côté, de respirer dans sa poitrine, ou de tenter d'ouvrir son cœur à l'infini, à l'espace sans limite que nous sommes réellement, ce que j'oublie à longueur de journée
Et des fois ca ne veut pas s'ouvrir... alors on pousse, on tire, on s'accroche
Avoir du cœur à l'ouvrage dit on... ne pas se laisser submerger par la grisaille de l’habitude…dans la vie et sur le tatami... avoir un cœur jeune afin de ne pas devenir un mort vivant... zombie parmi les zombies... tel est ma crainte parmi tant d'autres peurs qui m'empêchent si souvent d'ouvrir mon cœur et de gouter le silence
Merci à Bernard pour son aikido magnifique, pour ses instructions claires, ses histoires de Sensei, ainsi qu'à vous tous pour ces beaux moments sur le tatami et en dehors
Je vais essayer de garder le cœur ouvert le plus possible dans la vie de tous les jours. Etre enraciné. Pas une mince affaire !!!
J'ai beaucoup aimé nos hôtes et leur humour... les fabuleux desserts de la jeune fille brune... les parties de pétanque avec Linda, Olivier, Paul et compagnie
Interloqué par la méditation du matin je vais laisser tout ça faire son chemin, lire, et pourquoi pas pratiquer pour dissoudre mes colères, attachements, obstacles, peurs, doutes et surtout essayer de gouter le silence le plus possible
MERCI à vous tous

Karl

Une semaine  au rythme de nos pratiques. Les séances de méditation et d’Aikido se suivent avec enthousiasme, nous cherchons avec notre corps et notre esprit. Nous explorons et partageons, assis ou en mouvement. Dans ce cadre si propice nous avons la possibilité de nous consacrer pleinement à l'étude.

C’est un grand bain et peu à peu une plus grande conscience s’installe.  La conscience du corps, plus directe, grandit. Nous explorons nos hanches et nos poitrines, nous diffusons. La conscience de l’esprit aussi : plus présent, plus clair, plus stable malgré les remous encore présents.

L'envie de garder cela en mémoire pour notre quotidien hors de ce moment préservé et si riche de partage.

Merci Bernard de nous guider et de nous inviter à aller toujours plus en avant.

Mathieu

Une semaine d'été pour vivre le plus possible dans l'aïkido, s'en imprégner, et peut être en irradier un peu après. Merci Bernard.

Philip

Inlassablement,
Des cimes aux abîmes,
Nos cercles nous détachent,
De ces morceaux de nous
auxquels on se rattache,
pour se rapprocher
peu à peu de l’essentiel.

Merci Senseï pour ce voyage.

Olivier

La vague court à la surface de l'eau, et, comme le son roulé d'une méditation, tambour battant, s'allonge...découvrant l'intimité de nos terres intérieures.
L'ombre de l’îlot, s'allonge encore, quelques jours, retardant le pied, posé sur la terre ferme ...
A moitié ronds, à moitié carrés, à moitié pointés, le cercle enfin...le cœur frissonne, l'espace grandit, s'allonge, tâtonne ...
Allégresse, entrain, mondes entrouverts, papillons entrevus, lézards bavards,colères des genoux, hébétée, émue, moulue,émerveillée, remerciant Bernard de l'enseignement qu'il nous offre, trésors immenses, s'adressant à nos poitrines si souvent timides.
Mais...une question me tarabuste :
Par tous les Dieux, mais où sont donc passées les femmes ?

Linda

Mais, mes chers ami(e)s "la Terre ferme" c'était sans aucun doute celle où vous rouliez et point celle que vous avez retrouvée.

Bernard