Mots du jour

Surprise

Surprise,
 

À l’orée d’un nouvel âge, je guette l’invisible dans les voies montantes et choisies. Cheminement dont la nature du haut est hors de portée de mon regard. Ainsi la surprise remplit l’air ambiant et nourrit la marche lente, trop lente mais remplie d’espoir.
L’étonnement est une manière bien charmante de voyager, appréhender l’instant qui nous borde et nous attend. Cela à chaque pas à chaque détour du chemin.
La rencontre peut être ainsi un éblouissement, l’embûche un apprentissage, le guet-apens un choix.
Les quelques particularités en perdition qui se présentent, ravivent notre attention. Nous les effleurerons en voyageur pudique sans y toucher. Oui les diversités à préserver décroissent, les modes s’accroissent, le nivellement est en marche, les mots s’appauvrissent.
Cette nuit, la lune montante se remplit de soleil. Elle resplendira bientôt dans sa plénitude toute en lumière inondant son ciel. Puis dans l’ombre du petit matin, une fois sa forme basculant dans un autre arrière, Orion apparait et peut resplendir au sud du sud. La constellation matinale considère mon attention. L’une et l’autre se nourrissent, se révèlent.
Un soleil amoureux viendra peu à peu se montrer. Il caresse effleure les alentours et les contours, fait naître l’aurore. De son regard matinal encore tendre, l’astre se penche comme sans voir, juste sentir, pressentir avant d’embraser d’un long baiser de lumière, la journée vivante.
Tout là-bas les pins ne dorment pas. Ont ils dormi d’ailleurs ? Ils sont remplis de nuit et dégagent leurs effluves au petit matin sombre.
Les pétillements joyeux des oiseaux un peu saouls de l’éther offert, s’en repaissent et ce tout parfume les alentours. Oh se réveiller déjà enivré de vie ...
Être surpris, la sensation fait éclore le mouvement, sa mobilité devient intuition et l’incident alarme l’instant présent.
Tout est là dans cette simplicité étonnante. Ni intelligence ni imitation ni calcul.
Imagine, devine, ressent, vertus immensément féminines créant le nouveau monde de l’instant. Invente à chaque pas dans un regard brillant. Rêve le beau et fait le Tien. 

Bernard

Rendez-Vous

Une pleine lune, l’Automne, un nouveau Dojo, des anciens qui s’activent généreusement, d’autres qui disparaissent sans le mot, ainsi va.

« Rendez-Vous » voilà une bien jolie formule qui semble disparaître ainsi que son sens. Il fut un temps on parlait plus de Rendez-Vous galant, de Rendez-vous amoureux mais aussi tout proche, le : se rendre, acte de paix plus que de défaite.
En Aïkido on dépose son hallebarde en signe d’arrêt du combat.
Au Kyudo, on s’écarte des manigances de la réussite et le cœur invite à la manière de nous en acquitter.
Là encore tout est à faire tout et à construire, tant les habitudes sont tenaces, tant les motivations sont handicapées par de vaines tendances.

Cette formule de rencontre ne s’emploie plus guère que dans les affaires.
Pourtant quelle belle expression appliquée à nos pratiques ou à notre manière de vivre, car c’est avec soi-même qu’on est convié.

Notre monde moderne est organisé ainsi ; on débute quelque chose vers septembre, on planifie, organise, on dit qu’on va faire cela ou cela avec même un peu d’euphorie qui s’installe… Et on prend des résolutions qui ne seront presque jamais tenues et comme on dit dans la chanson : « que je suis triste et stupide »…
Certains la reconnaîtrons…

Cette année deux nouvelles rencontres vont aiguiller nos chemins de pratiques.
Nous avons quitté le Dojo rue Belle Paule, célébrant ce passage par un fort beau moment d’exposition et avons quitté sans le regret.
Ce lieu nous servit pendant 25 années abritant nos entrainements mais aussi de beaux épisodes.
Souvenez vous :
*Les démonstrations de calligraphie avec Tomomi Kurihara.
* Les concerts de bols chantants avec Tomo ( belle histoire en hommage à cet artisan disparu dans le Tsunami de Fukushima),
*Les enseignements de Sasaki Sensei accompagné de Tazuko son épouse, *Et aussi par deux fois les moines tibétains purifiaient le Dojo de leurs magnifiques Mandala.
* Les reliques bouddhistes accueillirent plus de 1000 personnes en quelques jours.
* Aussi Mercedes et son théâtre de marionnettes merveilleuses ravissaient grands et tout petits.

Il m’était à cœur au fil de mes rencontres d’inviter des artistes remplis de sincérité artistique et ainsi éclairer notre Dojo.
Ce lieu peu à peu se chargeait d’un sentiment tout particulier. Les visiteurs ne manquaient pas de le souligner. Pourtant rien de spécial dans cet endroit, bien au contraire, un vieux garage noir et malpropre, imprégné de l’ambiance des ambulances qui y stationnaient et cela dans une rue banale.
Le Dojo une fois installé, s’éclaira au fur et à mesure avec ce qu’il s’y passait. Rendez vous de pratique régulière, Rendez vous de moments artistiques, Rendez vous d’instants remplies de religiosité.
Oui des moments décidés, attrapés, tenus, soudains et imprévus, demeurent un trésor. Le Keiko* est aussi cela, une fortune, un ferment et mes professeurs ne manquaient pas de le dire. Il s’agit pour nous de les saisir en plein vol. Ainsi après de longue années, n’ayant encore point abouti dans ma quête, je le constate avec gratitude. Pratiquez régulièrement, se conformer aux règles de celle -ci, cheminer ainsi avec régularité, faisant peu à peu passer le Choix avant ses loisirs, cela est la voie.
Et rien de spectaculaire dans ce fait, car tout se passe, se construit dans l’invisible.

Cette année un nouveau Dojo nous accueille. Cette rencontre a jailli bien mystérieusement et je suis plein de reconnaissance envers ce qui a traversé mon chemin. Je vais tâcher d’y œuvrer pour moi et pour mes compagnons de route.
L’un ne va pas sans l’autre.
Aussi à deux grands pas de Toulouse, le Dojo du Laurier qui a éclos dans son milieu tout particulier.
Ces nouveaux endroits sont déjà lumineux. Ils vont nous inviter à approfondir nos pratiques avec application.
Tout n’est que Rendez-Vous. Il y en a qui passent l’air de rien, comme une brise légère, mais tellement puissante.

Tout n’est que Rendez-Vous. La montagne que l’on arpente, le torrent et ses eaux claires et joyeuses, l’océan et ses vagues dangereuses, le regard d’un enfant, un conseil, un regard, une attention, un silence, un enseignement…

Vivons les pleinement afin que le dernier soit sans regret.

* Keiko : entrainement

Choix et Mouton

Choix

« Souvent qui choisit prend le pire. »
                                                          Corneille

Nos choix sont remplis de confusions.
Ils reflètent un individualisme dérisoire et catastrophique.


Pourtant un Choix primordial est déjà ancré.
L’acceptation, semble enfin la page à écrire, le réel accosté, la noyade salvatrice.
Ne plus posséder le choix devient alors un instinct, une liberté, une responsabilité, un élan.

Surgis souvent dans la palette des mots exprimés, une ambiance pâteuse quant à nos engagements. Un certain désarrois flotte.
A
uto-gérer les actions prochaines devient difficile. Lesprit confus penche dans des hésitations aux allures intelligentes et libres. On se laisse balloter et du coup, lune comme lautre de la décision de dernier moment est sans enthousiasme ni feu sacré.
Bien sûr un empêchement inattendu peut arriver, alors il sera toujours temps de s
y adapter. Mais on en est point là, donc perte d’énergie dy consacrer cogitations et analyses stériles.
C
est cela même qui peut amener un empêchement de dernière minute.
Laissez le plus possible toutes les pensées de pour ou contre qui ne sont que confusions, oppositions, dualités, séparant le Vrai et le Faire.
Alors on se réjouit quelque soit la résolution.
Notre futur est programmé dans la répétition de nos histoires malheureuses sans fin par manque justement de cette Décision non calculée qui porte, qui remplit et réjouit à l
instant où on ÇA décide.

Bernard juillet 2021

Mouton

Il fut un temps où l’âne solitaire m’inspira quelques réflexions sur les enseignants souvent plus gouteux de leur pouvoir illusoire que des investigations toutes intérieures que pourraient suggérer leur pratique.

Le mouton aussi, noble animal, pourrait par son troupeau figurer l'ensemble des pratiquants peu scrupuleux quand ils s’engagent dans une pratique. Ils font régulièrement le mauvais choix, celui des apparences et des superficialités exotiques et spirituelles. Et l’on pratique, on agit, on pense, au fil de ses intérêts du moment qui ne sont que des ambiances stéréotypées, dictées et imposées à notre insu.

Comme autrefois avec l’âne, je prie l’ auguste broutard, de pardonner cet écart que j’utilise à son sujet.

Ainsi, pratiquants, enseignants, dirigeants, peuple, gouvernants, élus se fondent et construisent un amas insipide et médiocre. Tous les systèmes sociaux construits jusqu’à lors, semblent s’opposer au cœur authentique de l’Homme.

Le monde nature se tord, les guerres sont à nos portes et menacent insidieusement. Tout est combattu, avec la peur au ventre et un égocentrisme à toute épreuve. Les moutons marchent en rang, tous persuadés du droit légitime à l’individualité.

Nous sommes au plus haut point de l’aveuglement.

Le mouton se transformant en lion comme la carpe en dragon ne figure pas au programme. Les stratégies sont toutes autres, elles se nomment argent, carrières, vacances, loisirs, pouvoir …
Quand on rentre sincèrement dans une pratique, c’est justement pour perdre ce pouvoir superficiel et rejoindre nos capacités, la souveraineté qui nous habite,
notre royaume. Le pratiquant, le maitre sont des guerriers.

Tous les outils qui sont enseignés nous invitent à nous enfoncer dans les profondeurs de notre coeur et voir enfin ce qui pourrait s’y dissimuler.
Remporter la victoire c’est défaire le désir de compétition dans sa propre conscience. De nombreux conflits nous habitent, le faire bien et celui que l’on fait, ce que l’on voudrait dire et ce que l’on dit, nos habitudes et nos modèles… Apaisons les affrontements qui se bousculent. Ces collisions constantes génèrent pensées, jugement, déception, attente… une très grande perte d’énergie ! Non seulement la bousculade intérieure ne suffit pas, mais nous l’étendons à notre entourage. Certains silences déguisés deviennent des vents contenus, vents de folies et de conflits.

Nous sommes des guerriers et le soi-disant échec est un trésor, une porte à notre coeur. Rester debout et droit et jusqu’à l’ultime instant, demeurer débout et droit.
Souvent les « faires » sont maladroits, avec erreurs ou simplement dans un manque de pratique, mais une innocence, une générosité, un élan, un vent, un don émerge et rend l’évènement d’une beauté incroyable et bouleversante.

Les enfants ont cette capacité.

J’eus le privilège de rencontrer un jour quelques instants un archer dont le visage était défiguré, probablement un accident grave. J’avais du mal à le regarder en face tant la souffrance de ses traits me gênaient. A l’instant où il tira, son visage défiguré m’apparut soudain d’une beauté incroyable, j’en fus très ému et je le remerciais en silence d’avoir montré et dévoilé son coeur admirable.

Oui nous sommes des guerriers !

Bernard, fin juillet 2021

La parole au corps

« Heureux celui qui au matin, pour lancer sa journée, a sous les yeux non seulement des images belles, mais des images fortes »
Bachelard 

Nous nous retrouvons désormais régulièrement avec cet outil que peut être internet. Zoom nous relie dans des séances bienfaitrices comme un appel d’air réconfortant et guidant. (Mes propres mots offerts me conduisent et me remplissent et cela grâce à vous) Nous nous retrouvons aussi autour de petits textes ou de petits films vivifiants. Nos messages vont et viennent et nos habitudes de communicants n’évoluent guère.
Soyez plus enthousiastes, vos yeux s’allument parce que vous regardez quand vous vous exprimez. Soyez heureux de partager plus que ce que vous partagez. Ne vous retenez pas et ne jugez pas ce que vous dites. Laissez jaillir vos paroles sans les préméditer. Décidez de dire et non point ce que vous voulez dire, alors ça remonte.
Nous voyons beaucoup de choses ici ou là, elles sont étonnantes et souvent elles glissent sur nous sans vraiment nous toucher. Alors des commentaires habituels jalonnent nos conversations dans des :
« Ils ont dit que ..... » ils ont montré que..... »

Réveillons nous, prenons un peu de risque.

Une belle phrase, un beau texte .... lisons le en le ressentant physiquement comme si les mots pénétraient notre corps, notre poitrine, bien au-delà de leur sens.
Regardons cette satisfaction toute intellectuelle où la force des mots patauge en surface sans agir dans nos coeurs.
Dans ce cas on dit à ce sujet : « je suis d’accord, c’est intéressant .... »
Ainsi nous sommes fermés en supposant le contraire. Nous nous mettons à égalité.
Nous avons des pratiques qui invitent notre corps, notre esprit, notre coeur à se nettoyer des habitudes. Nous sommes régulièrement invités à observer ce qu’il peut se passer en nous. Nous sommes invités à l’exprimer, à le partager dans un geste ( nos pratiques ) ou dans quelques mots chargés de sincérité, d’élan.

« La parole ne se communique pas comme une valeur marchande. Elle se transforme, elle passe et elle se donne. Vivante de l’un à l’autre, la parole est un fluide, elle passe entre nous comme une onde et se transforme de nous avoir traversée. »
Novarina

« Pour être heureux, il faut penser au bonheur des autres »

« Nous sommes réunis dans l’instemps parlé. La parole nous a été donné non pour parler mais pour entendre. »
Novarina

Alors... écoutons, lisons et regardons dans la résonance de notre corps, dans le silence qui ouvre à la vérité du recevoir. A cet instant laissons les commentaires et l’imagination se fait chair, remontante et créant la parole.

Ces sensations à l’écoute peuvent être perçues au ventre, à la poitrine, au dos comme cela pourrait vous convenir, mais le ventre reste la valeur sûre.
Le feu du ventre écoute, aime, devine, transforme, guérit.
Demandez à votre ventre et imaginez la réponse remontante.

« Imaginer, c’est hausser le réel d’un ton »
Bachelard

Détournez vous des choses, des rapports, des conversations inutiles, où la force des mots perdent leur sens, détournez vous sans les rejeter en les observant avec bienveillance.

Avec la pratique et cette vigilance, les changements se font sentir.

Quelques signes :
• La perte d’intérêt à juger les autres
• La perte d’intérêt à se juger soi même
• La perte d’intérêt au conflit
• La perte d’intérêt aux soucis
• Des sourires fréquents venant du coeur et passant par le regard
• La sensation d’être en communion avec les autres et la nature
• De fréquents et insurmontables épisodes de reconnaissance
• La tendance croissante à laisser les évènements arriver plutôt qu’à les provoquer • La sensibilité à aimer les autres et l’envie incontrôlable et croissante de la partager

Tout ce que je viens de partager avec vous est mon étude, ma quête, le prolongement des enseignements que j’ai reçus et de la compréhension que j’en ai actuellement.
Ce que je propose est exactement ce que je fais avec et pour moi.

Mais aussi il y a un point dont vous n’avez pas la charge qui est celui du choix de guider. Cela est un apprentissage, une décision, un chemin intimement relié au premier.
Je cherche comment guider et j’expérimente avec tous les outils de mon corps, coeur, esprit. Car je souhaite que cela soit bon pour vous comme pour moi.

Bernard

Automne

L’Automne caresse branche par branche et feuille par feuille, invitant avec délicatesse le ton de la saison.

Semblable à cet enfant prêt à naître, lové, à l’abri dans un giron chaud et douillet, le lieu, le temps, ne suffisent plus à de nouvelles révélations. L’espace intérieur se dissout peu à peu permettant la libération, dédiée, promise, condamnée au mystère de l’existence et à un destin inéluctable.

Le nouveau-né apparaît

Les feuilles des arbres pétrifiées ces derniers temps, sous un soleil implacable, tremblent d’aise, apaisées, sous la brise déjà fraiche chargée de bruine. Ce moment inespéré leur est accordé en ces circonstances ou le bout de leur chemin se devine. Pourtant partir en été n’est pas au programme.

Elles reprennent des couleurs. Dans quelques temps, elles s’étaleront au pied des troncs en tapis vermeille, remplies, apaisées de leurs belles teintes cramoisies et nourriront d’aise la terre jusqu’aux frondaisons prochaines.

L’automne survient et entame sa mission.

Il est né en ces jours encore pesant de canicule. Le soleil dans sa courbe légèrement plus inclinée, influe sur le bleu du ciel et présage à de nouvelles mutations.

Mais il n’est point temps encore aux rougeoyantes parures, aux embrasements des forêts. Les tons, les tonalités changent, la sève se retirant imperceptiblement.

Les hirondelles ont largement sillonnées l’espace au-dessus du petit bois. On ne les voit par ici que dans ces moments où le début de l’automne semble descendre le long des pentes boisées. Elles virevoltent, sillonnant de leurs cris pointus le haut du val comme pour se montrer, s’appeler, danser l’offrande à cet été désormais achevé.

Elles vont soudainement disparaître.

Je guetterai dans quelques mois leur vol au fond du vallon, frisant les toits, inondant de leurs jets stridents et joyeux le retour du fécond mois de mai.

Rouges-gorges, pinsons, mésanges, retrouvent leur quartier d’hiver après quelques temps passés non loin de là, dans des lieux plus frais. Les merles dissipés surveillent et grattent sous le grand kaki dont les gros fruits pèsent déjà et tirent doucement aux tons murissants. Bientôt une longue fête égaillera les branches chargées de lourdes et charnues pommes oranges. Les larges feuilles s’étaleront à ses pieds et ce sera la cavalcade des plumes noires, des cris d’alerte, les fruits s’offrant généreusement aux becs goulus.

Le ton de la forêt est tout autre.

Sous l’écorce des troncs des arbres, désormais l’écoulement montant a cessé, entamant comme un mouvement de retrait vers la terre et faisant son effet, imprégnant le pied en profondeur telle une griffe profonde et tendre. Quelques feuilles déjà asséchées, dans leur chute virevoltante accompagnent ce renversement.

Ce courant intérieur fait avec tant de simplicité, d’évidence, d’innocence m’interroge et m’inspire sur ce que mes ballades internes pourraient être.

Le débarqué, l’enfant nu est à tout son instant, parfait et pur.

A la source du printemps de son existence alors que l’automne apparaît, imprégnant maintenant chaque parcelle de terre, chaque arbre, chaque créature, le nouveau-né, déjà se remplit lui aussi bien ingénument des confidences de la saison.

Cela perdure encore, entraînant cette étrange et inexplicable mélancolie. 

Les sols desséchés par l’été sont à nouveau gonflés d’eau des dernières pluies et contrastent avec l’ambiance du chaste retrait de la terre.

Entre les bois restants, les champs labourés évoquent plus de grandes plaies que les moissons à venir. 

L’automne fut orageux.

Des pluies drues, remplies de grosses gouttes ont inondé le ciel, l’air, gavant les ruisseaux, frottant la terre et les écorces, polissant galets et roches.

Le contour charnel des collines avoisinantes fut enchanté et se parera bientôt en offrande à ces eaux d’en haut, de ces teintes ambrées, chaleureuses, reconnaissantes et chaudes.

Les contrastes s’harmonisent et les modulations nous montrent à quel point le tout est créatif dans la grande ronde merveilleuse qui crée le flux.

Tout arrive et tout disparait à l’instant de l’instant.

L’ombre allongée au pied des arbres semble montrer le chemin à l’astre du matin. Il l’effacera dans son élan.

Une mince bande blanche diaphane comme un pli du ciel s’estompe peu à peu.

Une grosse mouche grésille encore et se retient à la vitre.

La grosse branche du frêne se penche vers moi.

Mais ne suis-je pas juste entre elle et les crêtes pleines de soleil ?

Le jour grimpe le ciel et tout en haut le silence empaquette quelques croassements de corbeaux.

Je pourrais disparaître à cet instant, rassuré et confiant.

L’automne est rond, de cette rotondité féconde.

Autant le printemps se dresse avec fierté et insouciance, autant la saison rouge révèle une humilité timide, une pudeur naissante. Et bientôt, les pensées choiront d’elles même, laissant place à une nudité féconde et aimante.

Je me souviens, on nageait dans des amas de feuilles, riant et aimant.

Déjà cette saison nous faisait naître l’un à l’autre.

Imperceptiblement tout se ralentit.

L’effort tant usé, accepte et lâche enfin dans un « soit » intuitif.

Le oui s’érige, droit et fragile, comme un arbre regardant le ciel de ses bois déjà morts. Sa masse grise, pâle, presque blanche, diffuse et se répandra encore après le repos définitif de la sève.

Les rouges, les ocres, sonnent en rondeur, ils sont le feu qui tout autour assemble. Cette flambée relate l’instant sans caprice ni sentence.

Devises et paroles tourbillonnent encore dans les volutes.

Les regrets, les attentes se consument.

C’est mon Automne.

Il n’y a là encore, ni sagesse ni sainteté.

La phase présage à une grande vigilance, un choix, une option, une attirance, un abandon, un penchant privilégiant le simple.

Ne point se perdre, car les risques demeurent, tapis dans mes propres recoins.

Pourtant là, à fleur je mesure imperceptiblement déjà mon être serein et clair.

Confiant autant que possible, nœud par nœud les attaches sont défaites, les projets se terminent d’eux même et il ne reste plus qu’à savourer un déploiement dans la rondeur spiralée d’une onde légère.

Désormais la seule audace serait celle du merveilleux, le débusquer, le laisser venir.

Chaque matin les brumes se dissipent découvrant de nouveaux ocres dans les robes avoisinantes.

Animal, la forêt ondule au grès des pentes.

Il frémit d’aise sous la caresse des brouillards se dissipant et reçoit les premiers rayons du jour né.

S’abandonner semble être le maître d’œuvre.

Accueillir est une foi où tout s’agence dans les embrouillements, les mixtures, les liens, les choix, qui émanent de la grande ronde.

Tout s’organise dans un chaos dont j’ignore encore l’expression ni la formule.

Peut-être que l’hiver dira, libéré de cette attente.

50 années d’engagement dans la voie de l’arc et de l’Aïkido m’ont conduit à l’automne de ma pratique.

La saison ambiante m’a suggéré  cette introspection reposant sur l’observation d’une nature complice et très présente. Dans nos pratiques l’automne représente une conscience toute particulière. Le printemps et l’été ont fait leur besogne, puisse celle-ci se révéler et m’indiquer le meilleur des chemins.

Hommage et Lumière

Hommage et Lumière

Hommage est Lumière

La touffeur martèle sans partage. Elle se faufile dans les angles ombragés et  derrière les façades. Le feuillage plus fragile semble paralysé, retenu, alors que la branche pénètre sagement son intériorité.

Les jeunes filles dans leur fraicheur, se pavanent, dépouillées et provocantes. Soucieuses de leur apparence, elles badinent dévoilant une légèreté calculée.

Les garçons de leur âge déambulent gauchement, tout à leur barbe clairsemée.

Les lumières intérieures sont bien là mais il semblerait que les réserves s’amenuisent irrémédiablement.

Désormais les anciens adolescents ne vaquent plus. Eteints, ils foncent de leurs épaules tendues, perchés sur leurs pensées de sentence.

Un îlot lumineux et tranquille passe parfois sans que nul ne consente à lui tendre une attention. Sur le trottoir, le regard large sans rien saisir, ses pas sont décidés, tranquilles et furtifs, Il s’avance comme pour se glisser entre des gangues collantes et presque nauséabondes.

Un peu plus loin quand les arbres prennent encore le dessus sur les aménagements sans partage qui progressent de toute part, des présences lumineuses dansent ici ou là, comme un appel pudique. Ces lieux tendus et irradiants se nourrissent de l’abondante gratitude qui imprègne et respire encore dans chaque recoin indigène.

Il fut un temps de l’offrande à ces endroits. On y venait pour s’y reposer, prier, méditer, offrir. De jeunes couples se déclaraient leur amour et demandaient protection.

Des Esprits y résident encore. À bien observer, ils semblent dormir. Bien sur quelques lézards, une petite famille de loirs, quelques oiseaux y ont trouvé refuge, ils s’y connaissent.

Les hôtes, de par leurs très lointaines origines sont là et agissent même parfois à leur manière bien différente des nôtres. Chaque lieu a la sienne. Ce langage est tout particulier et nous est étranger, à moins qu’on écoute silencieusement, humblement. Il nous faudra un peu de temps, une attention répétée, une ouverture, un sans rien.

Comme une rencontre fortuite qui en dira long.

On fait alors, acte de venir, de s’y pencher, de s’y incliner, de goûter, de s’ouvrir. Peu à peu, les craintes de part et d’autre s’estompent.

Présents depuis que l’endroit s’est forgé, ces Mânes ont façonné le lieu. Elles s’y sont glissées, devenues pierre, arbre, eau, lave, brume… montagne, mer. Autrefois, elles étaient déjà des Êtres avertis, participant et contribuant à la danse des étoiles. L’immense pureté de leur âme compose les grands paysages célèbres que la nature nous offre.

Désormais elles semblent assoupies dans une sage patience. Elles expireront un jour de même que leur habitat pour se fondre à nouveau dans l’immense gratitude imprégnant le tout.

Ne pourrions nous pas quand nous déambulons ici ou là, nous tenir à l’écoute d’une telle coïncidence. Cela peut être un arbre, une roche, un bord de rivière, un arbuste coincé entre deux bâtiments en béton, une cascade, voire une personne. Nous reviendrons régulièrement visiter, rendre hommage, faire plus ample connaissance et enfin sortir de ces visites guidées touristiques.

Désormais, les projets matérialistes de la vie de tous les jours ont tristement remplacé passion et émerveillement. La peur et l’avidité suintent. L’éclat des yeux, reflet de notre enthousiasme se ternit, devient fuyant et retenu ou défiant et provocateur.

La beauté intérieure qui nous fut léguée à la naissance s’estompe, se raréfie, pâlit.

On s’engage dans une pratique noble avec cet esprit de consommation à la mode. Elle ne dépendra plus que de nos envies, de nos humeurs.

 « LA » soutenir comme un bien précieux pour le monde environnant est totalement absent et ne figure pas dans nos réflexions, nos intuitions. Eloignée de nos idéaux, tout revient obsessionnellement à soi-même.

On pratique quelques années puis on quitte avec désinvolture, on fait une pause, convaincu de son bon droit. Oui bien sûr, on peut être malade, blessé, triste, déçu, sans le sou, mais pourquoi se remplir de cette émotion du moment qui passe et qui s’impose, prenant le dessus en dictateur aveugle.

Soutenir, être relié, guérit, nous élève et ainsi dansent et chantent nos lumières intérieures. Désormais tout est cloisonné ; famille, partenaire, travail, loisirs, les choses aimées et celles haïes. Organisés en tiroirs, on passe de l’un à l’autre jouant son rôle adapté au créneau choisi.

La gratitude lumineuse imprègne chaque parcelle de la nature et nous en sommes remplie. Elle ne peut se cantonner à une étiquette, à une politesse sociale, à une humeur ou à un marchandage.

Alors quant on ne sait plus quoi dire, quant on ne sait plus comment partager, quand on est dans le doute, il nous reste toujours le Merci remplissant nos yeux, notre poitrine et nos dire.

Reconnaître cela, l’exprimer, demeure sans nul doute la transformation la plus édifiante que notre pratique peut nous offrir.

Bernard

Silence

Les bruits annoncés de mon entourage pèsent.
Alors j’écoute les arbres, j’écoute un arbre et sa présence semble grandir. Il invite tout naturellement mon silence.
Il me semble que la forêt  ouvre cette suspension, cette nature quand on s’y promène ou même quand on l’évoque.
Discrétion dans la chair écoutant les verts  qui ondulent et les écorces plissées en épidermes ...
Mes efforts, mes souhaits de silence disparaissent devant cette plénitude qui m’assaillit et  que les arbres font jaillir en moi.
A l’Evidence, c’est si facile. Je n’avais rien voulu, rien souhaité.
Il est vrai que les arbres ont multiple langage, le silence est l’un d’eux. N’est il pas aussi le langage du divin.
Il y a bien un arbre, une pierre, une montagne, un coin de ciel, un rayon de soleil, un nuage, une averse ou même une bonne pluie drue. Avec ces éléments la connexion n’est pas si difficile. On la fait et refait sans trop en décrire les sensations, juste découvrir le silence qui peu à peu devient plus profond et plus profond comme un sans fin.
De ce moment vécu je peux aussi aller me coller à une personne, un ami, un groupe, un maître. Le silence qui en découle fait éclater juste  la chaleur, peut être  la lumière remplissant le partage.
Je me garde de tout autre sensation, restant perché, planté, ancré, sur ce pont chaud et clair.

Bernard

Elle

ELLE est comme un mouvement des intérieurs
se rencontrant à l’insu de nos pensées, de nos dires, de nos faire.
ELLE est comme une percussion un aiguillon
bien au-delà de nos sens, du regard, du toucher, du goût.

La perception du son et des paroles est libre de toute interprétation.
Du fin fond d’un ventre profond la vaste poitrine reçoit.
Du bas du dos à la nuque ça vibre, ça picote.
Et des mots clairs s’affichent sur l’écran du témoignage.

Parfois, oh dirai-je bien souvent, occupé par un endormissement mortuaire, un silence prisonnier ou trop pudique garde à l’abri la discrète effluve.

ELLE est silencieuse, secrète, délicate et céleste.

Elle traverse l’abîme comme deux papillons virevoltant dans un rayon de soleil.
Peut être sa trace demeure dans un vol de nuage, dans une ombre passagère.
Ne serait-elle pas dans quelques gouttes du torrent moussu dévalant les roches.

Alors je m’en retournerai la chercher, chevauchant le rai de lumière et rattrapant les ailes blanches des gracieux volatiles.
Je me roulerai dans la masse cotonneuse des vapeurs suspendues inventant la langue des brumes.
Je m’immergerai entre les pierres remplies de ses flots guettant la perle porteuse de l’éblouissement.

ELLE flotte sur la peau qui s’étire,
Se gonfle par l’impulsion d’une corde tendue et prête à rompre.
Affleure sous la pression de la jonction hardie.
Pétille à mi-hauteur quand les liens s’accomplissent.

Dans sa Présence, les mots se tracent inventant dans l’instant leur sens.
Ils remontent à la surface comme de petites bulles, dans une émanation enveloppante,
Se couchent en surface, se mélangent, s’harmonisent et forgent le liseur-conteur.

C’est le vent, dégageant à l’automne finissant, un nuage de feuilles pourpres.
Ce sont les arbres présents à l’offrande de mon attention assidue.
C’est propos de Dame Nature mélangeant en toute intelligence, en toute conscience les besoins les plus invraisemblables. Electrodes reliant les improbables à notre raison.
Elle demeure alors une lumière-phare suggérant la direction à prendre.
ELLE démasque, révèle, panse, soulage dans un ballet hors du temps

Embrasse les tout dans une ronde d’eau de feu et de vent.
Remplit l’infinitude.

Sabishi

La Tristesse

Elle nous tombe dessus parfois quand autour tout semble conforme à nos désirs, nos ambitions et même nos réalisations. Elle s’invite sans aucune raison particulière.

L’avez-vous remarquée tantôt ?

Je ne parle pas ici de cette peine suite à un échec ou une réflexion plus ou moins justifiée qui nous fut assénée.

Dans cette situation, où tout peut être au mieux, nous ne manquons pas d’y rajouter cette couche de morosité, de négativité, qui va occulter un bien-être vivifiant. L’objet ainsi inventé avec ses raisons que l’on croit véritables, aura deux fonctions : d’une part il nous fait fuir cette Tristesse profonde nous empêchant de l’appréhender et d’en ressentir le sens et aussi, est occulté la joie de ces derniers moments d’étude et de créativité, nous coupant de toute gratitude.

Mais je voudrais ici vous parler de ce mystérieux émoi qui apparait sans raison particulière. Il jaillit aussi parfois, prolongeant un grand investissement qui avait toutes les apparences que l’on en soit satisfait.

Alors rencontrer sa tristesse est une aubaine.

Elle est là, comme une présence remplie de puissance. Elle s’étale, imprègne, telle une vaste étendue liquide qui envahit.

Pas de raison apparente quand elle vient baigner tout un bien-être.

Remplissant le ventre d’une tension incompréhensible autant qu’étrange, il m’arrive souvent de regarder cet instant, cherchant d’où provient ce roulis qui me submerge.

Ici ce n’est pas une déception, ni une attente point comblée qui pourrait justifier cette vague. Quelque chose passe ...

Il me semble la deviner parfois chez un compagnon de route, submergé lui aussi à son insu et ignorant tout ce qui lui arrive. Je reste alors silencieux dans une attention bienveillante.

Si j’étais peintre je garnirais ma toile d’une éblouissante lumière dissimulée sous un grand voile noir. Derrière ce vaste linceul obscur, rempli d’un rouge profond, cette présence se devine … Longtemps la substance resta sans nom mais tellement réelle, voir captivante, attirante.

Puis l’évidence se proclama.

Mais le cache demeure toujours. Cette éclipse est bien ce chagrin qui apparaît soudainement dissimulant la vaste étendue lumineuse.

Revient alors à ma mémoire, cette vision de mon enfance quand j’apercevais dans le long couloir de chez ma grand-mère le passage furtif d’une forme noire remplie de lumière. A cet instant jaillissait la certitude que, à l’intérieur de ce voile noir qui se glissait, fugace, discret et humble, une clarté invisible patientait. C’était comme un rêve éveillé. Maintenant quand je regarde les enfants il me semble qu’ils sont souvent traversés par ce genre de visions qui ne les affectent en rien.

Ai-je oublié toutes les miennes ? Surement.

Je ne sais si la Forme filtra vraiment. Quoiqu’il en soit, je la perçue plusieurs fois et toujours au même endroit.

Maintenant je pourrais mieux l’identifier. Conscience d’enfant, m’invitant à tracer la vie qui fut la mienne. Refusant des directions, m’engouffrant dans d’autres.

Et ce fut fait, bien maladroitement. Mais n’est-ce pas là tout simplement une ardeur s’exprimant par des confusions, des erreurs, des trébuchement, de multiples couleurs s’agençant, se composant. Elles se fondent les unes dans les autres, de nouvelles se créent, se combinent et enluminent le grand fleuve qui nous porte inéluctablement vers un océan resplendissant.

Il me semble alors maintenant que ce triste rideau funèbre n’est autre que mon impossibilité actuelle d’accéder à cette lumière. Il est, ce que je m’obstine à ignorer et me convie à lever enfin le doute, dissimulant ce besoin profond qui se révèle.

Nos pratiques permettent cela. Mes professeurs ne l’ont-ils pas maintes fois suggéré.

Le vieux maître d’Aïkido rappela un jour, dans l’étude proposée, de tenter de percevoir, à l’instant où l’on se fusionne avec le partenaire, ce besoin profond qui est là, dans chaque Être, dans chaque Nous-même, dans chaque Autre-moi-même.

Et goutte après goutte le maitre m’a rempli de ce que mon insouciance niait jour après jour.

Ce grand Besoin non dévoilé est Lumière.

Cette vaste lueur est occultée par toutes nos divagations cérébrales, émotionnelles et corporelles. Cette lumière est masquée par nos mémoires accumulées et futiles et qu’on réveille malgré tout à chaque instant.

Découvrir ce grand voilage est une chance, il nous faudra alors l’apprivoiser doucement, peu à peu et cela sans tarder.

N’est ce point-là toute la saveur de nos études, de nos pratiques, de nos réflexions ?

Là, un grand ciel étincelant s’étale, sagesse aussi déployée que cet abattement, aussi vaste que ce voile.

Il se peut que gouttant à cette souffrance aidant, Dame Tristesse resplendisse elle-même d’une grande intensité chatoyante nous remplissant de cette absolue plénitude.

Bernard

Engagement et initiative

On met trop souvent dans le sens de INITIATIVE, autre chose et qui n’a rien avec cette noble Dame. Cela pourrait être un élan puissant, vivifiant, continu. Elle est assimilée souvent à des actes courants qui devraient couler naturellement et jaillir spontanément. D’ailleurs ces actions assimilées à l’initiative ne dépendent que trop de nos envies, de notre temps sélectionné, de nos humeurs et de nos marchandages. L’initiative est plutôt une liberté, une autonomie et non une indépendance. C’est tout simplement un engagement.

Dans notre pratique le : « se corriger soi-même » relève de l’initiative.

La remarque que l’on pourrait recevoir du maître ne sera là que pour affiner. Parfois quand on se fourvoie dans une direction, on prend l’initiative de changer de direction à l’intérieur même de sa pratique. Sur un autre point aussi, de nombreux pratiquants vont toute leur vie aller de-ci et de-là, reflets de leur hésitation, de l’absence de résolution et de courage. Oui le courage et l’initiative sont frère et sœur.

Dans nos pratiques comme l’Aikido nous apprenons à guider notre corps, guider un partenaire ou encore à aller dans cet abandon qui consiste à se laisser faire par l’étude. Cela représente une énigme profonde au Kyudo où c’est l’arc qui guide l’archer.

Ces exercices invitent à rencontrer notre corps et l’esprit qui l’habite d’une manière toute nouvelle et différente de ce que nous avons pu vivre avant. Notre ventre, nos hanches, notre poitrine, vont résonner peu à peu d’une autre manière. L’initiative pourrait habiter la partie du corps qu’on nomme « bassin » Lieu de résolution et d’engagement. Nous allons donc en prendre soin. Ce ne sera pas trop difficile puisque la plupart des enseignements que l’on reçoit, invitent à cette sensation du centre de notre globalité, pour en faire une manière d’être. Alors cette qualité va grandir, se bonifier à sa juste mesure et sera source de joie. Et oui la joie est aussi de ce côté-ci.

La pratique nous conduit dans l’antre de l‘étude, puis on en revient ayant fait un petit plein. Rien de plus normal, rien de plus naturel, on vient pour cela et s’en retourne tout simplement. Faire autre chose que cela n’est pas au programme.

 Mais notre étude a pour objet la conscience.

Les outils proposés construisent une nouvelle perception de soi et du monde dans lequel on évolue. On a goutté à ce début de sensation intérieure qui nous invite peu à peu à se déployer et entamer une nouvelle vie plus large. Le moule sociétal nous imprègne un peu moins, le passé ne s’impose plus trop, le futur se remplit de confiance, nos initiatives apparaissent. Une réflexion sur sa vie et sa pratique se manifeste peu à peu dans un tout indissociable et on tente encore bien maladroitement de les accorder.

De l’état d’étudiant on passe alors à celui d’élève.

Nous sommes au tout début du chemin. Il n’est pas sans attrait et cela conforte ce choix.

L’élève commence alors sa vie d’Elève. Elle consiste surtout à regarder ses manques à l’étude et diriger ses propres corrections.

C’est Le : « se corriger soi même ».

Cette initiative va remplir et conforter les hanches, ouvrir la poitrine et éclairer l’intensité naturelle de ses yeux.

Etre élève n’est pas une servitude mais le sens de servir apparaît dans toute sa force. Oui, on sert, on va à la rencontre de sa propre conscience.

Bernard

 

Je reviendrai sur ce thème et comment les pollutions psychiques détériorent aussi la terre dont nous faisons parti.

Je souhaiterais pour aider à notre réflexion d’élève, reprendre ici cette « approche » de P. Gillemant, astrophysicien, chercheur et conférencier.

Remettre complètement en cause les quatre croyances (implants psychiques) associées aux quatre dogmes de notre monde actuel :

  • La conscience serait un sous-produit du cerveau (Matérialisme) 
  • La nature jouerait aux dés pour faire ses choix (Darwinisme) 
  • La réalité évoluerait mécaniquement dans le temps (Mécanicisme) 
  • La causalité ne pourrait être inversée (Passé figé)