Juste un petit mot

Observer c’est danser avec l’indiscernable,

C’est avoir « à faire » au delà de ce qui apparait sous notre regard
ou de ce qui se manifeste là, derrière les yeux.

Oui, avoir affaire au delà et accomplir.

La falaise-montagne mille fois vue s’est figée dans la première impression d’une rencontre fortuite et s’est sculptée ainsi dans une mémoire-cliché.

Falaise, arbre, mer, rivière, montagne, toutes ces beautés sacrées emprisonnées dans des raisons inculquées.

J’ai revu la grande falaise se balancer dans son à-pic au dessus des étendues bleues et mystérieuses.
J’ai revu pour la première fois ses roches en feu illuminant le ciel encore parfumé des grandes chaleurs de l’été.
Pourtant je les avais côtoyées si longtemps, emprisonnées dans un regard pauvre, ignorant l’éclat caché, comme protégées à l’abri des convoitises touristiques ; la grande paroi, richesse féérique enfouie se découvrant soudain, là.

La pierre et son laurier * a entamé une lente et profonde initiation, nourriture m’appelant à un nouveau savoir-vivre.

L’amas de roches est là, ainsi…. Croit on !
La pierre s’y connait avec le temps … passant et repassant les âges,
déroulant les hasards.
Puis, dans ce gout mystérieux de ne l’avoir jamais croisée, à cet instant, on reconnait : l’imminence jaillit, mémoire de l’essentiel.
La montagne s’agite, se plisse, brille et scintille.
Complice des lumières, elle déroule son temps devant le petit monde hagard déambulant tout à ses apparats estivaux, déguisés de mondanités et les remplit pourtant avec grande générosité.

Mais c’est la moindre de sa mission.
Dans un amalgame du temps, concentrée de silence la pierre diffuse.
On pourrait recevoir le roc comme la vision d’un aveugle tout à son écoute du dedans.
Mais avant cela le regard dans son immense utilité invite à apprécier ce moment de grande chance. On peut ainsi :  mordre, mâcher, déguster, digérer…être nourri du beau, du sacré.

bernard

* « La Pierre et son Laurier » Auguste lieu, espace où le nouveau Dojo a pris place, pouvant éclairer celles et ceux qui s’y aventurent.