La gloire

La gloire

Une mer d’arbres, de mousses, de roches
et ce un plein invisible et vibrant.
Le sentier monte, l’écrin se referme derrière le pas.
Dans un océan de silence dont la profondeur s’élève,
les grands arbres, piliers d’une cathédrale secrète
dansent leur immobilité.
Journée radieuse de printemps, les oiseaux babillent.
Indiscernables, ils gambillent dans les hautes branches.
Leurs chants ondoyants résonnent et rebondissent dans l’espace
entre les troncs majestueux.
Un rien chatoyant, une absence radieuse, une existence secrète...
avec qui, bien présomptueusement, je voudrais converser.
Pourtant le débat est évident,
le silence total est la seule langue permise.
Ce n’est point se taire, ce n’est point apprécier, ce n’est point goûter.
Aucun sens n’est de mise. L’organe n’est plus à la hauteur.
Juste le cheminement, un pied après l’autre,
une brasse qui fend ce merveilleux silence.
xxx
La gloire est de s’y fondre.
xxx
L’impact du pas sur les pierres usées,
coudes au corps, les mains offertes s’imprègnent de ce vide ardent qui
remplit la grande forêt. Le dos est une proue, elle s’avance au delà du
sillage des mémoires tronquées.
le Rien imbibe, éveillant la présence.
Quelques mouvements fugaces, pensées incongrues
traversent encore le chemin, s’évanouissent, avalées, enfin libres.
Rien à faire, rien à dire, rien à regarder,
être là, de toute évidence être là ... les invisibles s’unissent.
Un grand plein glorieux exulte.

Bernard