Incertitudes

Incertitudes

Ma nuit est un feu qui couve. L’air du petit matin ravit ses flammes. Dans la bordure entrouverte, je me balance refusant à renoncer. L’aurore pare les espoirs enfouis et encore inconnus et je me penche vers un irrésistible qui ne veut pas encore dire son nom.

Peut-être est-ce là le puissant attrait à la vie.

Mais la nuit est encore là.

S’ouvrir et s’abandonner au sommeil est une rivière
qui coule doucement dans l’immensité de la mer.
Lorsque l’onde se retient la clarté obscure et clandestine s’égare,
le mystère tellement prolifique du grand océan s’échappe,
les silences sombrent.
L’enveloppe d’ébène se déchire.
Le calcul assassin étouffe l’éclair voyant

Le feu du matin se hisse des hauts fonds de l’obscurité, Les affres s’estompent, enlacées dans l’épaisseur du ciel. Ça crépite en écho dans l’espace sans limite, quelques cendres retombent avec légèreté, elles préparent l’après soleil.

Les arbres toujours les arbres, invisibles au creux du noir, s’élancent sans répit et sans hâte …quelle immense sagesse.
Les branches toujours les branches imprégnées et fécondées de ciel sèment leurs feuilles prochaines.

Que ne puis je entendre toujours leur chant, la Vérité du silence

Pendant ce temps, les vastes mondes affutent leurs comptes.
Les peurs sont pierre à aiguiser et la bêtise revêt ses apparats.

Que ne faisons-nous pas à l’identique, niant notre hymne intérieur

De retour des champs, la prairie de fleurs et d’arcs raisonne des luttes sourdes et des conflits stériles. Engoncés, ça marmonne ça renonce, pourtant quelques oiseaux pétillent sous le soleil alors qu’un écureuil gambade de branche en branche dans un élégant déséquilibre.

Bernard



Michel