Du Salut au Salut, le tir consiste à un enchainement de positions, toutes liées entre elles par le principe de cause à effet et passant chacune par une compréhension toute particulière nourrissant la suivante.
Cette compréhension n’est en aucun cas intellectuelle et participe de l’expérience corporelle, de la motivation et de la capacité à suivre l’enseignement.
Rien n’est automatique et chaque fois on se présente comme pour la première fois, invitant à une expérience toujours renouvelée. Et si la technique habite seule notre vigilance, l’art de ce geste devient sec et stérile.
Ainsi cheminant, chacune et chacun découvre le chemin. Les rythmes de progression, d’assimilation, d’expression varient et juste la source de l’étude et l’écoulement des corps relient et unifient le groupe.
Mais aujourd’hui, je vous propose de regarder du coté de l’Élévation.
Nous entamons la montée de l’arc après avoir bien placé son corps et ajusté nos mains à l’arc. (nous reviendrons sur ces points) 

La Montée reste sobre et pudique. Elle n’en est pas moins une célébration entre la Terre et le Ciel. Cela doit être reconnu, permis, ressenti, appliqué, poli et peu à peu intégré.
Trop souvent, l’arc qui s’élève est un étendard en berne, préoccupés par un avenir déjà programmé, un futur coincé entre le gagner ou le perdre. Pourtant cela pourrait être un hymne à la joie rayonnant dans une recherche de verticale lumineuse et pure. Ce mouvement ascendant nait dans la profondeur de la terre, il est nourri de nos hanches, guidé par une main droite sensible et juste, une main gauche neutre et présente qui suit le gant. Qui veut étudier, regarde, observe ce qui est fait et ce qu’il y a à faire. Si les émotions de peur, d’anxiété ou autres s’animent, le chemin sera poursuivi en respirant doucement afin d’éviter de se perdre. Respirer et respirer.
Regarder en vous, la solution est là, dans la Vue.
La mémoire de la source reste fraiche, comme cette eau pure qui coule dans les enseignements.
Pénétrez ce monde, votre esprit l’invite.
S’Investir et garder ce trésor inestimable.


Chanson de l’arc

Ce trésor est un soleil blanc qui de ses lames brulantes
percent les vanités trop pesantes,

Ce trésor, soleil de sang purifié dans nos chairs trop abimées,
une rosée doucement déposée sur une âme desséchée,

Une brise vivifiante au petit matin des pénombres,
Comme un rayon de rosée sortant de l’ombre,

Trésor que ce bourdon affolé au cœur d’une pivoine,
ébahi lubrique est ce moine,

Et ce papillon qui invente l’air, danse dessus,
Griffe l’invisible jusqu’aux nues,

Droite et gauche au cœur de l’étreinte
Se réunissent dans cette unique empreinte,

Chante ton silence par la pointe
Et dans le cœur pour des mains jointes,

Trésor de l’abandon aux périphéries
clé de diamant ouvrant ces féeries,

Oh ma verticale trésor
Transporte moi dans mes dehors

Par le trésor incarné touche touche
Dans un corps illusoire existant de lumière
Déjà au centre quand il caresse la bouche
Entre ciel et terre glorieux et fier

Bernard