Texte de Jean-Marc à l’occasion de son 5ème Dan

A  l'Occasion du 5ème Dan de Jean-Marc, il nous a gratifié de petites créations dont il a le secret...

Takatakita

Takatakita

Takatakita

TAKATAKITA

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Touche Goute et Sens

Regarde en dedans

Ecoute le vent

VAS DANS TES CINQ SENS

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Cinq doigts dans ma main

Cinq doigts dans ta main

Dis-toi que demain

EST UN GRAND DESSIN

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Des cinq sons brillants

Dans le saint des saints

Aux cinq continents

RECOIS CINQ SUR CINQ

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AEIOU

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Takatakita

Takatakita

Takatakita

TAKATAKITA

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12345

12345

12345

12345

J'ai reçu ce 5ème dan.

Je suis heureux c'est vrai. Merci !

Je n’ai pas vraiment l’impression d’avoir beaucoup changé depuis le mois dernier et en même temps je suis attentif, interrogatif, investi aussi … comment et vers quoi ? Je ne sais. Je goute

Alors je l’annonce autour de moi avec une pointe de fierté et les gens me félicite tout en ne comprenant pas vraiment qu’est-ce que cela veut dire.

Ils me posent des questions… ils me posent MES questions…

Mais c’est quoi ces Dans, ce sont des grades.

Alors comment cela se fait-il que toi, Jean marc, qui tempête parfois contre l’injustice de ce bas monde, contre son manque d’équité, d’égalité, tu participes à cette échelle de valeur, cette classification, cette hiérarchie mystérieuse.

Euh !

Vous savez ce n’est pas « grand-chose », on peut s’en passer, il n’est pas question de pouvoir ou de contrôle.

Et puis il est des hiérarchies que l’on peut défendre pour honorer ces professeurs toujours plus avancés, ces musiciens toujours plus virtuoses, ces personnalités toujours plus brillantes, ces chemins toujours plus édifiants.

Ah ! Matériel contre spirituel alors.

Ben oui… non…

Je suis un peu perdu…

Et puis me vient une analogie du chanteur / poète qui fredonne dans mon passé

Comme un arbre dans la ville
J'ai des chansons sur mes feuilles
Qui s'envoleront sous l'oeil
De vos fenêtres serviles
Comme un arbre dans la ville

Ah oui ! O Sensei se connectant au tronc d'un arbre. L'identification est trop belle ! Voilà donc l'équation de la hiérarchie résolue.

L’ arbre. N'est-il pas l'exemple même d'une multitude de hiérarchies réelles, de la radicelle invisible aux branchages solides, de la brindille fragile au tronc inébranlable, de la racine indestructible à la feuille volage. Chacune et chacun assumant sa place dans le kaléidoscope des échelles, des diamètres, des longueurs, des énergies, des douceurs et des rugosités, des couleurs, des rigidités et des souplesses, dans ses relations à la terre sombre et nourricière, dans ses connections à la lumière du soleil.

Tous différents et tous reliés.

Peut-être certaines parties de l'arbre sont-elles plus ouvertes, plus expérimentées à véhiculer la sève, le minéral de la terre et le photon du ciel.

Ecoutons leur bruissement. Pour assouplir, conduire, dépasser, pour se relier selon d'harmonieuses géométries et balancements, pour faire circuler jusqu'aux extrémités du possible  et peut-être de l'impossible, cette sève brulante et généreuse.

Et cela dans la conscience d’une photosynthèse encore imparfaite, d’une chlorophylle encore à mastiquer.

Chères jeunes et tendres pousses, chers vaillants bourgeons, cher buisson toujours ardent, je ne sais plus à quelle 5eme branche m'accrocher pour conclure ce "discours futaie" mais encore merci pour ce bosquet tout frissonnant de devenir forêt.

Ben… pour cela il faut l'arroser !

Jean-Marc