Pinceau

Pinceau

Dans le dédale de nos corps abîmés,
souvent meurtris et abandonnés,
il est des vents toujours vifs, remplis de grâce et d’amour.

Les montagnes, les arbres, les eaux, et leurs hôtes vibrent.
Autrefois reconnu, honoré, tout semble maintenant sommeiller devant nos indifférences et seulement combler nos consommations estivales.
Parfois furieux, IL nous conte alors sa peine.

Dans le dédale de nos corps délaissés,
une âme rêve d’embrasement.
La chair de la terre et ses eaux nourricières sont là,
présentes, elles rayonnent.
Elle comble à qui voudra s’y donner.
Alors des éblouissement momentanés ravivent nos tourbillons intérieurs.

Un feu rempli de vent pourrait alors bouillonner d’amour. Tristement et sinistrement les choix sont tout autre.

Dans le dédale de nos cœurs asséchés,
les vents sont en berne et trépignent, remplis d’espoirs.
Contrainte, la bourrasque grogne car sa nature est de s’envoler,
de répandre la joie de la grande nouvelle.

Furibond, le génie venté pourrait enfin sonner de sa trompette d’or.

A l’aurore, encore retenu dans l’ombre occident,
la chevelure crépue, des arbres face au levant, émerge de la nuit.
Ce matin encore, les écorces d’hiver se teintent d’un rouge sombre,
né des entrailles de la terre.
L’air libre se répand comme fécondé par les rayons intuitifs d’un soleil
invisible. Un pinceau en touches silencieuses honore la forêt.

Elle fera bientôt son plein de lumière.

L’ablution matinale enveloppe les ramures, elle émerge des profondeurs.
Une caresse, un baptême innocent annonce les lumières de l’aube.

Dans ces instants où les chatoiements se glissent dans la saillie du jour nouveau, écoute la mélodie. Ta nuit encore parsemée de démons s’apaise.
Laisse alors tes vents déchainés, tes vagues en furie, tes mots
désordonnés, tes intentions calculées.

Les yeux ternes dorment encore des pulsions anéanties.

Oui cède à ce qui unit, abandonne, désarme, livre et avance toi nu,
fragile à l’autel des vents tendres. Ecoute la mélopée de ton mystère unique
et danse au rythme de la grande mélodie.

Bernard