A propos des grades

Je reprends ce petit mot que j’adressais il y a quelques temps, à Vous, mes camarades de route.

Un DAN nous est attribué, reflet s’il en est de notre travail, de l’assimilation des « Waza », expressions et applications des « Kihon », changements dans les comportements au Dojo comme en dehors du Dojo.

En prenant quelques exemples très simples comme par exemple :

La qualité de chuter et le son qui en découle, le relâchement des épaules, la sensation des poignets que l’on touche, la capacité d’utiliser ses hanches, la qualité de l’écoute, l’attention aux autres, l’ouverture de poitrine, le dos, le bas du dos, la liste serait longue, allant jusqu'à l’éclat du regard, la quête du mystère,  la joie…et encore  et encore, la qualité du Musubi… Et au fur et à mesure que le degré grandit, l’exigence en sera de même. Ici je suggère bien sur l’exigence envers soi même.

Etant le Sensei *, c’est avec gratitude à votre égard que j’écris ces quelques mots.

Sans vous je ne pourrais pas mettre en pratique tous les enseignements que j’ai reçus et que je reçois encore de mes professeurs.

Et n’étant encore  que si peu,  c’est encore grâce à vous que je peux tenter de marcher sur la voie, d’aller à la rencontre de ce que je pourrais devenir et ETRE.

Recevoir un grade, ce n’est pas ce qui va nous faire changer du jour au lendemain. Il est un début, une nouvelle ardeur, un encouragement à pénétrer plus et plus la pratique et ainsi se sentir digne de cette obtention.

Souvent le déroulement des choses, les comportements après l’obtention du grade, affichent des sentiments bien étranges  n’ayant plus rien avoir avec le chemin de l’Aikido.

L’obtention d’un grade pourrait trouver une modeste valeur dans le groupe intime des pratiquants du Dojo. II serait une petite émulation célébrant  les bienfaits de la pratique. Exemples qui aiguisent  notre attention, nous invitent  à nous transformer, nous aspirent plus que nos résistances, nous emmènent au de là des comparaisons.

L’obtention d’un grade est aussi un des ingrédients nous reliant à nos professeurs, à leurs Maîtres.

Les anciens parmi vous avec leurs quelques modestes galons  devront montrer l’exemple,  étudier par eux même, chercher… restituer.

Pratiquer, étudier, redonner est un tout.

L’un fait défaut les deux autres disparaissent.  Le respect des yeux qui nous écoutent s’harmonise avec notre ardeur à chercher.

Dans notre pratique, dès que nous nous arrêtons, la régression sera inéluctable.

Ainsi on apprend peu à peu que ces grades, on ne les obtient pas si facilement même s’ils ne sont pas grand-chose.

Et pour ce petit « pas grand-chose », avec amitié nous trinquerons en remerciement à tous ces partenaires et  professeurs grâce à qui vous avez progressé dans vos waza et que votre cœur s’est transformé et se transformera encore. Votre gratitude s’étendra aussi vers  vos parents, compagnes et compagnons, enfant  qui vous ont dégagés leur confiance et qui vous ont laissé l’espace et le temps nécessaire.

Enfin votre gratitude s’étendra à votre propre existence.

*j’utilise intentionnellement  ce terme, sorti de son apparence exotique, il porte une simplicité  qui vient de son sens : « celui qui est né avant », « celui qui précède sur le chemin »